Pourquoi continue-t-on à fabriquer du plastique si ça pollue ?

La question d'Abel, 5 ans, et la réponse qui dérange D'après l'intervention de Nathalie Gontard, directrice de recherche INRAE, Les P'tits Bateaux, France Inter — 22 novembre 2025 En bref : Ce samedi 22 novembre 2025, sur France Inter, un enfant de 5 ans a posé la question que beaucoup d'adultes n'osent plus. Nathalie Gontard, directrice de recherche à l'INRAE et chercheuse mondialement reconnue en science des emballages, y a répondu avec une clarté scientifique rare : non, le recyclage du plastique n'est pas la solution. C'est souvent du décyclage. Et le textile est au coeur du problème.

4/3/20265 min temps de lecture

A plastic bag floating in the water
A plastic bag floating in the water

La question d'Abel, 5 ans, et la réponse qui dérange

D'après l'intervention de Nathalie Gontard, directrice de recherche INRAE,

Les P'tits Bateaux, France Inter - 22 novembre 2025

En bref : Ce samedi 22 novembre 2025, sur France Inter, un enfant de 5 ans a posé la question que beaucoup d'adultes n'osent plus. Nathalie Gontard, directrice de recherche à l'INRAE et chercheuse mondialement reconnue en science des emballages, y a répondu avec une clarté scientifique rare : non, le recyclage du plastique n'est pas la solution. C'est souvent du décyclage. Et le textile est au coeur du problème.

1. La question d'Abel et la réponse de la science

Abel a 5 ans. Et il a posé une question qui mérite d'être prise très au sérieux : si le plastique pollue notre planète, pourquoi continue-t-on à en fabriquer et à l'utiliser ? C'est dans l'émission Les P'tits Bateaux sur France Inter, le samedi 22 novembre 2025, que Nathalie Gontard a eu l'occasion de répondre simplement, mais sans rien édulcorer.

Nathalie Gontard n'est pas une militante ordinaire. Directrice de recherche à l'INRAE depuis 2011, chevalière de la Légion d'honneur (2022), lauréate de deux Étoiles de l'Europe et autrice de l'essai de référence Plastique, le grand emballement (Stock, 2020, coécrit avec Hélène Seingier), elle consacre depuis plus de trente ans ses travaux à comprendre ce que le plastique fait réellement à notre planète et à nos corps.

Sa réponse à Abel résume des décennies de recherche : nous continuons à fabriquer du plastique parce qu'on nous a fait croire que nous pouvions le recycler indéfiniment. Ce n'est pas vrai.

2. Le recyclage du plastique ? Non : du décyclage

Voici le fait scientifique central que Nathalie Gontard défend avec constance dans tous ses travaux et prises de parole publiques : les trois quarts des plastiques ne sont pas recyclables de façon répétée.

Le terme qu'elle utilise et qui devrait s'imposer dans tous les débats publics est celui de décyclage (downcycling en anglais). Contrairement au recyclage « en boucle fermée », qui permettrait à un matériau de retrouver ses propriétés et son usage d'origine, le décyclage transforme un matériau en quelque chose de moins noble, moins utile, moins durable. Et à chaque cycle, la dégradation s'accentue, jusqu'au point de non-retour.

"Le plastique de votre barquette de frites, qu'il soit ou pas recyclé en chaise de jardin ou en sac de sport, viendra forcément grossir l'énorme réservoir de petites particules capables d'empoisonner nos corps et surtout ceux des générations à venir." - Nathalie Gontard

Ce n'est pas une question d'intention. C'est une réalité chimique et physique : le plastique se fragmente. Recycler ou non, il finit sous forme de micro- et de nanoparticules dans les sols, les eaux, l'air — et dans nos organismes. En 2022, Nathalie Gontard et son équipe ont publié dans la revue Nature Sustainability un article démontrant la nécessité de comptabiliser les effets à long terme du plastique — une notion que les analyses de cycle de vie classiques ignorent systématiquement.

3. Le textile : le maillon révélateur de l'illusion circulaire

Dans l'industrie textile, la rhétorique du recyclage plastique a pris une forme particulièrement séduisante : la bouteille en PET recyclée transformée en vêtement. Polaires, t-shirts de sport, sacs, des millions de produits portent fièrement l'étiquette « fabriqué à partir de bouteilles recyclées ». Les marques communiquent, les acheteurs se rassurent.

Mais que se passe-t-il ensuite ? Ces fibres synthétiques issues du plastique recyclé ne peuvent, dans l'immense majorité des cas, pas être recyclées à leur tour en fibres équivalentes. Elles sont décyclées en isolants, en rembourrage, en matériaux de construction de moindre valeur avant de finir en décharge ou en incinérateur. La boucle n'est pas fermée. Elle est simplement allongée d'une ou deux étapes.

Cette réalité est amplifiée par trois problèmes structurels spécifiques au textile :

  • Les vêtements sont massivement composés de mélanges de fibres (polyester + coton, polyamide + élasthanne...) que les technologies actuelles ne savent pas séparer pour les recycler proprement.

  • Les traitements de finition, teintures, apprêts, imperméabilisants contaminent les fibres et limitent leur réintégration dans un circuit de qualité.

  • En France, sur les 289 393 tonnes de textiles collectés en 2024, seulement 32 % ont été triés pour valorisation et cette valorisation reste largement du décyclage.

4. La vraie solution : réduire, pas seulement recycler

Le message central de Nathalie Gontard, celui qu'elle répète inlassablement, de ses articles scientifiques à l'émission pour enfants de France Inter est dérangeant pour les industriels : le recyclage ne peut pas être la solution principale. La seule réponse structurelle à la crise plastique est la réduction de la consommation au strict nécessaire.

Avec son équipe à l'INRAE, elle travaille sur la notion d'empreinte plastique, un indicateur qui, comme l'empreinte carbone, permettrait de mesurer et de limiter notre dépendance à ce matériau. Elle développe également des emballages biodégradables à base de matières végétales, pour proposer des alternatives réelles là où le plastique n'est pas essentiel.

Pour le textile, cela signifie repenser la conception même des produits : choisir des matières naturelles ou mono-composants recyclables, éviter les mélanges indissociables, concevoir pour la durabilité et la fin de vie, pas seulement pour le prix et la performance à court terme.

5. Ce que l'ITBA apporte : la preuve, pas la promesse

Face à cette réalité scientifique, l'Alliance Internationale de la Biomasse Textile (ITBA-AIBT) a fait un choix éditorial et stratégique clair : refuser le greenwashing, soutenir les acteurs qui font de la circularité une réalité vérifiable et certifier leurs pratiques.

Le programme FiberForever™ est construit précisément pour répondre à ce défi. Ses cinq certifications — FF Circu™, FF Trade™, FF Source™, FF Build™ et FF Report™ couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur textile, depuis le sourcing des matières jusqu'à la valorisation en fin de vie. Elles distinguent la circularité authentique du décyclage déguisé en recyclage.

Dans un contexte réglementaire européen qui exige des preuves tangibles (Stratégie textile durable, reporting ESRS), la certification n'est plus un avantage optionnel. C'est une nécessité.

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Source principale : Nathalie Gontard, directrice de recherche INRAE — intervention dans Les P'tits Bateaux, France Inter, 22 novembre 2025. Ouvrage de référence : Nathalie Gontard & Hélène Seingier, Plastique, le grand emballement, Éditions Stock, 2020.

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